La Grande Ville

Nouveau spectacle, nouveau voyage…

 

Après « Portraits d’Hommes », premier spectacle créé en 2011 et exploité avec succès à Paris et en Province depuis trois saisons, Têtes de Chien poursuit son investigation et sa relecture de la chanson traditionnelle dans une nouvelle création,  « La Grande Ville ».

C’est à une odyssée que « La Grande Ville » convie le public. Têtes de Chien l’emmènera vers des racines originelles qui sont en lui et que peut-être il croyait ignorer, jusqu’à des sources chantantes archaïques dont, dès lors, tout un chacun entendra l’écho résonner dans son quotidien ordinaire.

 

Un répertoire ciblé

Répertorier toutes les chansons évoquant la ville, dans cette culture traditionnelle essentiellement rurale fut d’abord un jeu pour les Têtes de Chien, une manière de réunir une multitude de mélodies et d’histoires pour bâtir un spectacle sous la forme d’un kaléidoscope de chansons. Un pied de nez à leur propre urbanité qui, de découverte en découverte, a abouti à un répertoire foisonnant, contrasté, baroque.

Choisir, classer, ordonner, donner un sens à cette jungle de chansons se fit avec pour objectif d’offrir au public, bien plus qu’un simple tour de chant, un grand voyage, une transe. Dans cette ville imaginaire tout est différent, tout est possible, tout est fou, voire dangereux.

Les chansons retenues pour « La Grande Ville » dressent le portrait d’une cité qui est “l’Ailleurs” qui attire, qui inquiète, qui catalyse tous les désirs et toutes les chimères. Il est aussi le lieu de nos questionnements contemporains sur nos fantasmes, sur notre tension intime entre rêve et réel, entre passé et futur, et bien sûr, une profonde plongée dans nos inconscients collectifs.

 

Construction du spectacle

Ouverture. Planter l’ambiance, les éléments fondamentaux : la terre des racines, le désir d’un ailleurs, l’arrachement vers la ville. De cette tension, de ce déséquilibre naîtront le mouvement et la structure sur lesquels se développe le spectacle. La première pièce est un chant Ariégeois de faucheurs, interprété en occitan. Un chant de travail, viril, qui par son rythme et par sa langue commence par évoquer les champs, la terre, le passé. Mais au fil des couplets se joue un drame : la semeuse sera enlevée par « Le Beau monsieur » sur son cheval. Soudainement, « La berceuse du grain d’or », où la ville et ses richesses bercent l'enfant de rêves, vient s’immiscer, comme un souvenir, au sein même du chant des faucheurs. Pour finir, à l’occitan répond une étonnante danse à 5 temps : « Dans la grande ville, je voudrais bien demeurer », dont  la structure rythmique amène à citer une « Pajduka » Bulgare.

 

Thématiques. Ces grands thèmes exposés s’entremêlent tout au long du  spectacle qui se déroule ainsi :

 

De la terre au départ : coupe du « pied de nez » : ce n’est pas le cas ici. Trois chants telluriques en langues régionales (occitan, corse, catalan) se confrontent à cinq chants en français, évocations du désir d’ailleurs, et du départ vers la cité.

Nuit d’ivresse urbaine : Nous voilà dans la ville, pour une folle ivresse où toutes les inhibitions semblent levées dans ces récits où règnent l’alcool et la prostitution (« Le bon vin m’endort »), les relations incestueuses (« Adieu Rosette »), le pouvoir de l’argent (« la Boîteuse »), la vitesse effrénée (« Le cordonnier et la vitrière »), les trahisons, taquines ou dramatiques (« L’âne et le loup », « La mort de Biron »). En contrepoint à cette folie, nous retrouvons, sous plusieurs éclairages musicaux, le souvenir de la « berceuse du grain d’or ». Le désir se confronte à une réalité peut-être plus étonnante encore.

Le retour : Riche de cette nuit d’ivresse, de cette plongée dans le fantasme, c’est peut-être la mort elle-même qui est un peu apprivoisée. Deux chants de retour, deux ouvertures à l’amour, jusqu’à la mort s’il le faut (« M’en revenant de la grand’ville », « Les tristes noces »). Nous retrouvons de courtes évocations de nos chants de travail. L’auditeur retrouve l’odeur de la terre dans ces souvenirs fugaces.

 

 Envoi : La dernière partie du spectacle fait la part belle à l’humour, avec, en pied de nez, trois chants irrévérencieux lancés vers la Grande Ville :

… Où l’on va quérir le médecin qui pratique l’euthanasie du vieux mari (« Mon pauvr’ Jean »)

… Où l’on va envoyer le cuir du vieux mari pour faire des tambours à la ville (« L’écorché »)

… Où l’on va refuser le  “haut degré des grandeurs” et le snobisme parisien, dans une des rares chansons traditionnelles qui soit encore populaire  avec le fameux  « Si le roi m’avait donné ».

 

Mise en Scène

La mise en scène est confiée à Annabelle Stefani et la chorégraphie à Franciana Feti, choisies avec joie et évidence puisque l’une et l’autre ont travaillé sur « Portraits d’Hommes », leur apport ayant contribué à la réussite de l’entreprise. La justesse de leurs regards et la pertinence de leur inventivité ont profondément nourri le travail des cinq interprètes et leur relation authentique et intime au public.

Si le Roi m'avait donné - Têtes de Chien
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